coeur de sya

SUITE ET FIN DE CE SEJOUR


Le temps s'écoule tranquillement alors que les cœurs sont souvent bousculés par toutes les difficultés..  Au siège, viennent toutes ces femmes, la plupart infectées, avec leurs enfants, elles trouvent ce courage de mille et une petites activités les mettant en lien, mille et un mots en dioula, la langue régionale, qui les rend complices et va chercher les rires derrière les drames.   

 

Depuis 3 jours, Ami revient avec le sourire alors que la semaine dernière, elle a déboulé ici, après une colère terrible de sa grande sœur dans la cour familiale qui a dégénéré ; elle avait l'oreille en sang, qu'on a dû recoudre et sanglotait sa « réputation gâtée » parce que sa sœur avait crié à tous sa séropositivité et la honte sur la famille !

Nous nous sommes déplacées sur la moto de Christine et avons rencontré le grand frère, militaire chez qui elle s'est réfugiée, à la caserne, et nous avons causé... Il est intervenu avec bonté et sagesse, gageant de la bonne tenue d'Ami avec nous tous, ici. Apparemment depuis,  tout est rentré dans l'ordre, elle revient ici, bébé au dos, un bébé AED bien sûr, donc protégé de la séropositivité de sa mère.

Et puis il y a Hortense, sa petite taille, son visage émacié dans lequel brillent deux yeux pleins de courage et de volonté. Et le diagnostic posé alors qu'elle allait consulter le pédiatre pour la reprise de la trithérapie : pneumonie !!! Et sous antibiotiques, brûlante de fièvre, elle est venue le jeudi pour le soutien scolaire, tant sa rage d'étudier est forte alors même qu'on ne peut envisager pour elle la sixième au vu de son âge !!! Elle avait même oublié de manger de peur d'être en retard ici, pour la classe... On lui a donné un sandwich avant qu'elle ne défaille d'hypoglycémie. Demain, il y a peu de chance qu'elle voie le pédiatre avec ses résultats biologiques, car il y a la pose de la première pierre du grand hôpital pédiatrique financé par les américains qui servira sans doute de grand laboratoire de recherche sur le VIH en pédiatrie, ici les cas ne manquent pas et rien n'est gratuit Les chercheurs, surtout, sont en quête permanente de « cohortes » de malades pour leurs travaux.

 

         Bon, demain on aura la chance d'assister à ce grand cérémonial en présence du ministre de la santé et de tout le gratin, burkinabè et américain. Promis, je vous raconterai, parce qu'on y sera, bien sûr, en compagnie de Joëlle et Hubert qui viennent d'arriver.

Voilà, la cérémonie a eu lieu, on m'a même vue à la télévision, tache blanche parmi tous les autochtones. Cet hôpital, qui sera construit par les américains, est une promesse d'amélioration pour la santé des tout-petits...on veut y croire !!

 

Tout ce temps a passé, entre les différentes visites, les participations actives à des séances de travail très utiles, les rencontres avec les ados : ceux de Maïa-Bobo lors d'une petite fête organisée au lycée Mollo Sanou, et ceux d'AED réunis pour un premier groupe de parole au siège.

Partout de la vitalité, de la curiosité, masquant  si bien les détresses sociales et les drames. Même pour ceux de Maïa tout ne baigne pas ; et pour ceux d'AED, entre la sale maladie, d'eux-mêmes ou de leurs proches, la mort qui rôde dans la réalité sociale ou dans les angoisses réalistes d'un fléau qui ne faiblit pas vraiment, il faut bien aller chercher ses ressources au tréfonds de soi pour pouvoir jouir de ces fragiles et fabuleux instants de rencontre.

 

Et puis il a bien fallu m'arracher à ces lieux et tous les « miens », tous ces êtres qui savent si bien dire leur affection et oublier la dureté de ces conditions  en offrant ce bien précieux qu'est leur sourire, celui que tant d'occidentaux  leur envient tant qu'ils viennent les piller du regard ou de l'objectif photographique.

 

Me revoilà dans le froid, sans la poussière, avec le confort....

Mon corps y est, ma tête un peu, mais une partie de mon cœur et de mon âme sont restés là-bas, auprès d'eux, et mon devoir est de témoigner de l'injustice et d'un fossé qui ne cesse de grandir entre deux mondes dont la fracture s'aggrave, que ce soit au Sud et au Nord.

Il n'y a pas que la banquise qui se détache.


Ne pas oublier, jamais !!

 

 

 

 


Publié à 04:06, le 14/07/2008,
Mots clefs :
.. Lien


{ Page précédente } { Page 4 sur 8 } { Page suivante }

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Où suis-je actuellement ?






Rubriques


Derniers articles

Mon séjour au Burkina de Novembre 2009 à Janvier 2010
SEJOUR A BOBO NOVEMBRE-DECEMBRE 2008
MON SEJOUR A BOBO 2007-2008
SUITE ET FIN DE CE SEJOUR
SUITE

Menu

http://www.maia.asso.fr
enfin l'afrique
blog d'Hyriva
blog la grande perse (Iran)

Amis